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Day 3 : Mythe ou folklore

Summary:

> Tododeku week 2O24 : 1 jour, 1 thème (one-shot)
> Izuku est envoyé dans un royaume voisin afin de faire marier sa reine au légendaire prince Todoroki. Mais lorsqu'il le retrouve, ce dernier agis étrangement. Lors du chemin du retour, alors qu'ils sont en route vers le royaume de la riene, complètement fatigués et assoiffés, Shoto et Izuku décident d'ingurgiter un liquide étrange. Ce dernier les fait tomber immédiatement amoureux l'un de l'autre. Ils s'enfuient et échappent à la mort avant de finalement se séparer pour leur survit. Mais lorsque Izuku est entre la vie et la mort, il attends Shoto. La seule personne capable de le sauver.

Notes:

Jour 3 :
- | AU : mythe ou folklore
- | Thème : magie
- | "Tous les mots ont des conséquences. Les silences aussi." - Jean-Paul Sartre.

Work Text:

Momo Yaoyorozu, la reine du royaume. Décrite comme une femme à la beauté incomensurable, à l'autorité qui ne laisse personne respirer, et surtout à l'intelligence au dessus de tout le monde. En clair, cette femme avait tout pour elle, tout pour plaire.

Mais il avait fallu qu'elle tombe amoureuse d'un homme, qui habitait très loin. Un homme existant seulement avec les mots, uniquement à travers les paroles des autres. Et la reine souhaitait se marier avec lui, personne d'autre que lui. Elle avait déjà repoussé grand nombre de prétendants, tous plus beaux ou plus forts les uns que les autres.

Malheureusement, un seul détenait son cœur. Cet homme, Izuku avait pour mission de le lui ramener, sain et sauf, prêt au mariage. Il n'a même pas son mot à dire, le pauvre.

Izuku souffla et reprit sa route. Shoto, c'était son nom. Dernier fils du royaume voisin et surtout, prétendant au trône. Son royaume avait beaucoup moins de pouvoir et d'autorité que celui de la reine, alors dans ces cas-là il devait juste se taire et suivre l'envoyé.

De ce que les rumeurs disaient, Shoto possédait des cheveux de différentes couleurs à droite et à gauche, une brûlure décorait son œil bleu et son autre pupille reflétait un gris profond. Et même si c'était assez fou de croire cela, les rumeurs circulaient depuis des années maintenant, alors elles ne pouvaient être que vraies.

Pour Izuku ça ne semblait pas réel, pour lui la différence faisait la moquerie. Mais tout le monde n'est pas né avec une cuillère en or dans la bouche, ou alors avec la chance collé au dos.

Il s'arrêta quelques secondes avant de reprendre son chemin. Ca faisait déjà plusieurs jours qu'il était parti mais aucune trace de cet homme.

– Jeune homme, vous cherchez quelque chose ?

Izuku sursauta avant de se rendre compte qu'une vieille femme, très petite lui parlait.

– Oh, oui mais ne vous en faites pas. Je le trouverai bientôt.

– Le prince Shoto n'est pas ici. Inutile de le chercher.

– Pardon ?

– Hé bien, vous cherchez le jeune prince ? C'est bien cela ?

D'un geste lent et méfiant, le bouclé haussa la tête de haut en bas. Cette femme était tellement étrange, comment pouvait-elle savoir cela ?

– Au vu de votre écusson et de vos vêtements vous êtes du royaume juste voisin.

– On ne peut rien vous cachez !

– Laissez tomber, il ne voudra pas de vous.

Il aurait aimé laisser tomber, tout abandonner et rentrer chez lui sans se mesurer à Shoto.

– J'aimerai. Seulement, si je rentre sans le prince je pense que mon espérance de vie se réduirait à quelques heures.

– Mhm. Vous devriez visiter le marais salant au Sud.

Puis sans un mot, la vieille dame repart dans sa petite maison en prenant soin de fermer la porte. Le marais salant ?

Izuku n'avait clairement pas le temps d'aller visiter quoi que ce soit, surtout pour du sel. Il devait d'abord trouver le prince, c'était primordial. Il se remit aussitôt en marche. Plusieurs passèrent avant que le jour ne tombe peu à peu, laissant place à la nuit.

Il devait trouver un endroit où dormir. Malheureusement, l'endroit où il se trouvait était complètement désert. Hormis quelques arbres et quelques grandes herbes hautes, il n'y avait rien. Pas une seule personne ni même une seule habitation. Il devait donc continuer sa route jusqu'à un logement, en espérant tomber sur quelqu'un de gentil.

Cependant, plus Izuku avançait plus l'endroit se faisait désert. Maintenant il faisait nuit noir, il n'y avait plus aucun arbre et il sentait même du sable rentrer dans ses chaussures. Était-il possible qu'il se soit rapproché de la mer ?

C'était certainement le cas. Il continua sa route jusqu'à entendre le bruit lointain des vagues s'échouant sur le sol. Et lorsqu'il tourna la tête, il vit la mer. Elle était à plusieurs mètres de lui, une image plage qui donnait sur l'horizon infini de l'océan. C'était beau, la lueur de la lune reflétait sur l'eau salée agitée.

C'était beau, c'était même magnifique. Mais il devait trouver un endroit où dormir. Il décida de longer la plage, parce qu'il se souvenait de ce que la vieille dame lui avait dit ; le marais salant.

Comme si le destin l'avait poussé jusque là, un énorme marais salant se dresser devant lui, et cela voulait aussi dire qu'une cabane devait se trouver dans les parages.

Génial ! Izuku s'apprêta à entrer dans la petite cabane, c'était petit mais très éloigné. Personne n'allait le voir ou le déranger, ce n'était que pour une nuit de toute manière.

– Que faites-vous ?!

Plus que surpris, le bouclé sursauta avant de se retourner vers la voix. C'était une voix plutôt douce mais extrêmement menaçante. En face de lui se dressait une silhouette qu'il ne pouvait pas voir, il n'arrivait pas à cerner une seule couleurs de ses vêtements, ses cheveux ou même son écusson.

– Qui êtes-vous ?

Izuku ne savait pas répondre. Il devait d'abord savoir qui se trouvait en face de lui. Il avance doucement, pas par pas alors que l'homme en face de lui reculait de façon très méfiante.

– Je m'apprêtais à-

Mais l'étranger se tue. Il ne termina pas sa phrase, parce qu'en reculant la lumière de la lune avait dévoilé le visage de l'homme. Et cet homme était Shoto. Il en était sur, il ne pouvait pas se tromper. Des cheveux bicolores, des yeux hétérochromes, un aussi bleu que l'océan et un autre gris aussi profond qu'une pierre précieuse. Et une brûlure qui orne le bleu glacial de sa pupille.

– Prince Shoto ?!

– Je pourrais vous faire condamner pour être entré dans une demeure privée sans autorisation.

– Non ! Vous m'en voyez désolé, je tentais seulement de vous chercher!

– Certes.

– Je viens du royaume voisin, le royaume de la Reine Yaoyorozu.

Le prince souffla presque de façon désespéré avant de continuer à fixer son interlocuteur. Ce dernier était totalement déstabilisé. Il avait devant lui le prince, une légende vivante et pourtant, il était comme les rumeurs le décrivaient ; froid, distant, méprisant et terriblement beau.

– Pourquoi me cherchez-vous ?

– J'ai pour mission de vous emmenez au Royaume afin que vous rencontriez la Reine.

Izuku avait préparé son texte, ses arguments et surtout un contrat pour emmener le prince avec lui, parce qu'il ne pouvait pas échouer sa mission et surtout il savait que le prince était quelqu'un de complexe. Il était têtu et il n'écoutait absolument personne, voulant faire ce qui lui plaisait.

– D'accord.

Pourtant, c'est bien le mot que le bicolore avait prononcé. Le bouclé était tant sous le choc qu'il ne savait plus quoi dire. D'accord ? Juste d'accord ?

Il essaya de remettre ses pensées en ordre en essayant de comprendre la réaction du prince.

– D'accord ?

– C'est simple : je n'ai pas le choix. Si j'avais répondu non, vous m'auriez sorti des papiers ainsi que des autorisations ou je ne sais quoi.

– En..en effet-...

– Allons-y alors.

Aussitôt, le prince tourna les talons. Il fallut quelques secondes à Izuku avant de réellement comprendre que le prince partait pour son royaume, qu'il avait accepté et qu'il voulait partir de suite en plein milieu de la nuit.

– Prince ! Nous ne pouvons pas partir maintenant. La forêt n'est pas sûre et il y a beaucoup de marche. Il est plus judicieux de partir à l'aube !

– Nous allons prendre un bateau.

Alors qu'il était en train de le rattraper, Izuku se stoppa de nouveau. Un bateau ?! Le prince était vraiment têtu...ou fou ?

À cet instant, le vert regrettait d'avoir chercher aussi loin, et surtout d'avoir trouvé le prince. Il faisait vraiment ce qu'il souhaitait, sans se soucier des autres.

Malheureusement, le jeune envoyé n'avait pas son mot à dire. Le prince restait le prince, et il fallait qu'il soit irréprochable auprès de la reine. De toute manière, en bateau la route n'était pas longue, elle était même plus courte qu'à pieds.

– Avez-vous un bateau ?

– Bien sûr que oui. Tout est à moi ici.

Ok..ce n'est pas vraiment à lui, simplement aux habitants. Son peuple était aussi le sien, c'était une vision assez directe des choses. Izuku regrettait amèrement de s'être aventuré ici.

A quelques mètres seulement se trouve un petit port, ce n'était sûrement pas le port principal du royaume mais il était assez grand pour comprendre que c'était celui d'un petit village aux alentours.

Sans aucune gêne, le prince monta sur le bateau. Ce dernier était assez petit, ce n'était absolument pas les grands bateaux de voyage qu'utilisait la famille royale, un habitants devaient sans doute en faire sa maison pendant plusieurs mois lors des saisons de pêches.

Izuku n'avait d'autre choix que de suivre le bicolore qui, lui, entrait sans même frapper et se soucier de la personne qui dormait sur une petite couchette.

– Monsieur le Prince ?

– Nous allons au Royaume voisin. Je te paierai si c'est ce que tu souhaites.

Oh que oui, il n'avait vraiment aucune gêne et aucune sympathie. Shoto n'en avait que faire du pauvre habitant maigrichon qui semblait dormir à peine quelques heures par nuit, alors qu'il venait tout juste de le réveiller. Izuku s'excusa tendrement auprès du vieil homme sans donner aucune raison, mais lui au moins s'était excusé. Parce qu'il connaissait la misère du bas peuple.

Alors que l'homme monta dans la salle de gouvernail, Shoto et Izuku restèrent dans ce qui semblait être une salle commune. Il y avait quelques petits meubles, une couchette, un mini bureau, des papiers et des ustensiles un peu partout. Des dessins étaient accrochés un peu partout, mais l'un d'eux réveilla la curiosité d'Izuku.

Sur l'un des petits meubles se trouvaient des fioles en tout genre, des couleurs toutes différentes des unes des autres et surtout l'une d'elle avait un tas de feuilles. Des croquis, des conceptions et sûrement des explications mais comme c'était une langue que le bouclé ne connaissait pas, il ne savait pas ce que cela racontait.

– Qu'est-ce que tu regardes ?

De nouveau, l'envoyé sursauta à l'entente de la voix du prince juste au-dessus de son épaule, et surtout de son soudain tutoiement.

– Je-..je regardais cette fiole.

– Tu n'as qu'à la boire.

La boire ? Était-il fou ? Izuku se le demandait bien. Boire un contenu dont il ne connaissait rien, ce n'était absolument pas une chose à faire. Pourtant, sa bouche était pâteuse et sèche, et tout ce qu'il souhaitait c'était boire quelque chose. Il n'avait plus d'eau sur lui et le prince n'en avait pas non plus, il n'allait tout de même pas prendre l'eau de ce pauvre homme.

– Si tu n'en veux pas, alors je le fais.

Le bicolore lui prit la fiole des mains et retira le bouchon juste avant de verser ce liquide étrange entre ses lèvres, ainsi vidant la moitié du contenu. Voyant que ça ne lui faisait rien, Izuku fit de même avec l'autre moitié. Il restait tout de même méfiant, mais c'était trop tard, il venait d'avaler un contenu mystérieux et inconnu.

– Tu vois ?

Il tourna les talons. Le vert en profita pour jeter un coup d'œil aux livres que l'homme possédait. Malheureusement pour lui, alors qu'il s'attendait à de simple ouvrage de connaissance ou de compte, il remarqua bien vite que c'était des ouvrages de sorcellerie. Uniquement de sorcellerie.

Il n'eut pas le temps de prévenir le prince qu'il sentit des lèvres appuyer contre les siennes. Shoto l'embrassait, Shoto avait ses lèvres sur les siennes, et Shoto entourait sa taille de ses grandes mains. Pourtant, Izuku ne recula pas. Au contraire, il se sentait étrangement bien, son corps était chaud et son coeur semblait exploser dans sa poitrine. Leurs lèvres se cherchaient et se carressaient dans un désir si fou et si ardent que le plus grand glissa le bouclé sur le bureau, il passa sa jambe entre ses cuisses et caressa tendrement son ventre.

C'était tellement étrange. Shoto ne comprenait pas ce désir soudain, tout comme Izuku qui ne comprenait pas pourquoi il aimait sentir ce corps et ces lèvres. Il pensait détester le prince pour sa personnalité horriblement hautaine et égocentrique. Pourtant assis sur le rebord du bureau, il lui offre son cou et lui laisse parcourir son corps de ses mains. Le plus grand lui dévore sensuellement le cou en explorant ses cuisses, son ventre, sa peau et son dos.

– Shoto...

Pourquoi l'appelle-t-il par son prénom ? Il pourrait se faire tuer rien que pour cela. Mais le prince ne dit rien et continue de consumer sa peau si douce et si fine de son cou en remontant jusqu'à son visage en passant par ses lèvres qu'il ne désire plus quitter.

– Je ne sais même pas comment tu t'appelles...

– Mhm...Midoriya...Izuku...

– Izuku...

Le vert pouvait mourir sur l'instant tant son prénom résonnait comme un gémissement passé entre les lèvres du prince. Tous les deux ne savaient pas ce qu'ils faisaient, leurs têtes étaient brouillées tout comme leur ventre qui se retournait sous l'émotion si soudaine.

C'est lorsqu'un bruit sourd résonna brusquement qu'ils se séparèrent, le souffle court et les yeux embués. Izuku prit plusieurs secondes avant de reprendre ses esprits et une respiration normale alors que Shoto s'était éloigné au plus loin de lui, c'est-à-dire à l'autre bout de la pièce.

– Cet homme...il pratique la sorcellerie...

– Pourquoi tu ne me l'as pas dit avant ?!

– Inutile de hurler, je voulais te-..vous le dire mais...je n'ai pas eu le temps...

Il était rouge, rouge de honte alors qu'il continuait de sentir les mains et les lèvres du bicolore sur lui. Pourtant il n'était plus proche de lui, mais il ressentait encore cette pression sur sa peau et cette chaleur proche de la sienne. Il avait terriblement honte de s'être comporté ainsi avec le prince, de lui avoir sauté dessus sans même le repousser.

– Je suis vraiment dé-

– Ne t'excuses pas.

Voyant que le bouclé ne faisait rien, le bicolore décida de prendre les choses en main en regardant les croquis qui traînaient près de la fiole maintenant vide. La langue était étrange, il était clair qu'il ne la connaissait pas mais il reconnaissait quelques mots.

D'un geste enragé, il balança les feuilles en l'air.

– Bordel !

Surpris, Izuku se remit droit sur ses jambes et ramassa les feuilles en essayant de comprendre, en vain.

– Ce qu'on a bu...c'était un philtre d'amour.

Puis le silence prit place, lourdement comme si l'oxygène avait quitté la pièce. Le bouclé semblait avoir du mal à respirer, pourtant son cœur continuait de battre la chamade, il continuait sans pouvoir s'en empêcher de regarder du coin de l'œil l'homme en face de lui.

C'était la même chose pour Shoto. Il voulait ressentir de nouveau sa peau chaude contre la sienne mais il s'en voulait d'avoir été si impulsif, d'avoir but cette foutue potion.

Il y a quelques heures à peine il était d'accord pour se marier à la reine parce qu'il n'avait pas vraiment le choix, mais à présent des dizaines de possibilités s'offrait à lui, comme une idée brillante au-dessus de sa tête.

– Izuku on s'en va.

Sans un mot, Midoriya le suivit et ils remontèrent jusqu'au vieil homme qui tentait tant bien que mal de rester éveillé pour gouverner le bateau. Shoto lui ordonna de regagner la rive, ce qu'il fit en peu de temps sans poser aucune question.

Une fois sur la terre ferme, Shoto prit la main de Izuku et coura comme il le pouvait à travers la plage jusqu'à regagner une petite forêt non loin de là.

– On va se faire arrêter. Vous y compris.

– Pourquoi donc ?

– Et bien parce que je suis parti de mon royaume depuis bien trop longtemps, qu'à l'instant où nous parlons des gardes doivent vous chercher et surtout, parce que d'ici une heure tous les habitants de ces terres seront au courant pour notre fuite.

– Pourquoi dis-tu cela ?

– Prince, vous n'avez pas payé le vieil homme qui nous a conduit jusqu'ici !

– Si c'est ce qui t'inquiète je peux aller le payer.

Il se lève pour accompagner ses paroles avant de se réassoir, tiré par le poignet.

– Ça ne sert à rien. Il est sans doute déjà parti.

Assis tous les deux en dessous d'un grand arbre, la nuit est encore présente. Izuku le sait, il n'est pas naïf mais d'ici quelques heures des gardes viendront les chercher, peu importe où ils se trouvent.

Ils ont fui, sur un coup de tête, après avoir avalé une flacon entier de philtre d'amour, alors qu'il pensait que cela ne lui arriverait jamais. Izuku avait toujours été quelqu'un d'exemplaire, il n'avait jamais enfreint aucune loi parce qu'il tenait à son royaume, il tenait aux gens qui s'y trouvaient et par-dessus tout il aimait rendre service aux gens.

– Izuku.

Et ça recommençait. Depuis que le prince connaissait son prénom, il ne cessait de le répéter. Encore et encore.

Le plus grand tourna son corps et l'embrassa de nouveau, Izuku répondit à son baiser en passant ses mains dans ses cheveux. Jamais il n'aurait cru pouvoir toucher sa chevelure, et mon dieu qu'est ce que c'était doux. Le vert sentait de nouveau ces lèvres le dévorer, il sentait de nouveau cette délicieuse pression et son odeur si particulière.

Son ventre lui faisait agréablement mal alors qu'il se sentait embrouillé de nouveau. Tout ça, c'était les effets du philtre ils le savaient très bien, mais c'était tellement puissant qu'ils ne savaient pas résister.

Shoto voulait plus, il voulait sentir sa respiration contre son oreille et il voulait goûter toutes les parcelles de sa peau. Ça le rendait fou, terriblement fou.

*

– Viens là !

Le prince tira le bras du pauvre envoyé qui se faisait traîner partout. Des dizaines si ce n'était pas des centaines de chevaliers les poursuivaient et les cherchaient dans cette grande forêt sombre. Malheureusement pour eux, le soleil se levait de plus en plus et bientôt l'obscurité n'existait plus.

Ils couraient, mains dans la main. Ils ne pouvaient pas se faire attraper, ça allait être directement la peine de mort pour eux. Ou du moins pour Izuku, mais Shoto ne voulait pas se séparer de lui.

Ils s'arrêtèrent derrière un grand arbre en reprenant leur respiration. Contre toute attente le bicolore avait une endurance beaucoup plus maîtrisée que le bouclé, pourtant il aurait juré que c'était l'inverse.

– Rendez-vous !!

Derrière eux. L'homme était derrière eux, et cette fois-ci ils ne pouvaient pas fuir. Izuku avait une épée juste au-dessus de sa gorge, un faux pas et c'était la mort assurée. Le bicolore se leva tout doucement avant de prendre la main de son compagnon, pour le relever à son tour. Sans un mot, ils suivirent le chevalier qui continuait de les menacer.

– Vous êtes condamné au bûcher.

Bordel, c'était pire que tout. C'était sûrement la peine et la mort qui terrifiait le plus le vert. Être brûlé vif, minute par minute devant des milliers de gens. Devant sa famille, devant les gens qu'il appréciait, devant les gens qui le rendaient fier. Non, il ne pouvait définitivement pas.

Ses mains se firent lier dans le dos tout comme celles de Shoto, qui semblait plus énervé que terrifié. En fait, il avait surtout peur pour son compagnon. Il ne voulait pas voir mourir Izuku, il ne voulait absolument pas. Tout ça était de sa faute, il l'avait incité à boire ce philtre et s'ils se retrouvaient dans cette situation alors c'était uniquement par sa faute.

Toujours dans un silence, le chevalier les traîna quelques mètres sûrement pour rejoindre son escouade. Mais il n'eut pas le temps de comprendre ce qu'il se passait qu'il se prit un violent coup de pied dans la mâchoire, le mettant à terre. Izuku en profita pour prendre son épée et courir à toute allure dans la direction opposée .

– Shoto !!

Tout sourire, il le suivit en rigolant. Cette situation était tout bonnement folle. Ils devaient se faire condamner, qui plus est par le royaume d'où venait le bouclé et pourtant, ils couraient pour sauver leur peau. Ils allaient sûrement être fichés comme des criminels.

Plusieurs heures de marche après, étant sûr que personne ne les suivait. Izuku s'arrêta et donna l'épée à son bicolore qui le défit de ses liens. Puis le bouclé lui retira les liens à son tour. Maintenant libre, Shoto lui embrassa délicatement le front en passant sa main dans sa chevelure verdâtre.

– Merci.

Izuku lui souria, puis leurs lèvres se touchèrent de nouveau dans un baiser tendre.

– Izuku, je crois que ce n'est pas la solution.

Le vert avait peur de cette conversation, il le savait très bien mais il ne voulait pas l'entendre. Pour eux deux et pour leur survie, la meilleure solution était que Shoto aille se marier à la reine comme cela était prévu au début. Ainsi ils vivront. Sûrement séparé et malheureux mais ils pourraient vivre.

– Non. Reste encore un peu...

Shoto ne voulait pas. Cette situation ne l'enchantait guère, mais s'ils ne se rendaient pas chacun de leur côté alors s'en était fini. Dans tous les cas, ils allaient être séparés.

– Je partirais au couché du soleil, mon ange.

À l'entente de ce surnom si étrange, Izuku piqua un fard. Complètement rouge de gêne et de honte il plaqua son front contre le torse de son homme. Il connaissait Shoto depuis quelques heures à peine, pourtant c'est comme s'il était amoureux de lui depuis des années. Comme si, ils ne s'étaient jamais lâchés une seconde depuis leurs naissances.

Heureusement pour eux, le soleil venait d'atteindre le ciel. Ils leurs restaient plusieurs heures avant de se dire au revoir, ou plutôt adieu.

*

Shoto était partie. Cela faisait déjà plusieurs semaines. Il devait déjà être marié à la reine Yaoyorozu, il devait déjà avoir fait la cérémonie et annoncé à tout le royaume. Pendant ce temps-là, Izuku s'était exilé. Ne pouvant plus vivre dans son royaume, à la vue de tout le monde et surtout à la vue de la reine qui le condamnerait sur le champs, il avait décidé de vivre dans une petite campagne tranquillement. Il avait rencontré un homme, un homme qu'il devait aimé. Mais il n'y arrivait pas, parce que le prince restait dans son esprit, comme imprimé dans sa peau, dans sa tête et dans ses yeux. C'était impossible de l'oublier, de ne pas rêver de lui et de passer une seule journée sans l'avoir dans les pensées.

Pourtant, Izuku restait avec cet homme. Katsuki, s'il ne se trompait pas. Le blond devait sans doute être très amoureux, mais souvent il lui faisait peur. Souvent, il avait des gestes brusques et violents, il hurlait sans arrêt et il l'insultait même quand quelque chose le déplaisait. Pourquoi devait-il rester avec lui ? Il n'en savait rien.

Peut-être parce que c'était la seule personne à l'avoir accepté. Peut-être parce que c'était le seul homme qui pouvait l'aimer. Peut-être parce que c'était le seul à lui avoir promis la sécurité. Peut-être. Ou peut-être pas.

Lors d'une après midi, alors qu'Izuku s'entraîner au combat contre un vieux mannequin, son copain était venu lui rendre visite, plus que furieux. Dans une colère si sombre, que le vert sentait ses membres trembler. Il ne voulait pas se faire frapper, il ne voulait pas se sentir mal en sa présence. Il s'avait qu'avec Shoto il n'aurait jamais été dans cet état second, dans cette peur constante.

Mais le destin était contre lui, décidément. Il sentit son nez se briser sans son coup de poing soudain. Il sentit sa tête partir en arrière mais sans aucune peine, le blond lui asséna un coup de pied. Puis encore un, puis un nouveau. Et sans crier gare, Katsuki lui enfonça un couteau finement aiguisé, sans doute utilisé pour la cuisine au départ, dans l'épaule. Avant de le sentir dans le ventre.

Qu'avait-il fait pour mériter ça ? Il ne connaissait même pas les raisons de la colère que retenait Katsuki en lui. Parce que même s'il était enragé, il gardait une haine profonde au fond de lui. Une haine qui, si elle était relâchée, le tuerait à coup sûr.

– Sale trainé.

Il ne connaissait pas l'origine de cette insulte. Il savait que c'était une insulte, s'en était certain puisque rien ne sortait de la bouche de Katsuki à part des injures et des insultes. Mais il ne savait pas pourquoi il se prenait ça en pleine tête. Peut-être parce qu'il a lu mon journal.

Le blond avait pour habitude d'être jaloux et possessif, alors lorsqu'il est tombé au petit matin sur le journal intime de son compagnon il n'avait pas pu s'empêcher de le lire, de comprendre que le vert était avec lui simplement pour ne pas vagabonder entre les maisons. Égoïste.

C'était sans doute vrai. Izuku était égoïste, mais il n'en avait que faire. Pour lui, tout ce qu'il comptait c'était Shoto. Il rêvait de le revoir, de l'embrasser de nouveau, de sentir son souffle près de sa peau et de sentir ses lèvres le dévorer. Il ne rêvait que de ça, et il l'avait écrit. Croyant naïvement que cela l'aiderait à oublier.

– Je vais te faire la peau.

Oh, mais c'est qu'il lui avait déjà fait la peau. Izuku était au sol, allongé et baignant dans son propre sang. Malheureusement, avec le philtre d'amour personne ne pouvait le sauver. Shoto lui avait expliqué avant de partir. Seule sa présence et sûrement ses lèvres pouvait le guérir, pouvait le sortir de là. Katsuki le savait.

Pour sauver la personne qu'il venait de blesser et la seule personne qui l'aider à tout oublier de son passé, Katsuki avait contacté le royaume voisin. En attendant, il l'avait aidé à maintenir les premiers secours pour qu'il survive jusqu'à son arrivée.

Sa venue était convenue dans quelques heures. Si Shoto arrivait dans son bateau avec des voiles blancs alors il serait apte à l'aider. Mais plus le temps passait, plus Katsuki s'énervait de nouveau. Pourquoi le bicolore et pas lui ? Pourquoi personne n'arrivait à le supporter à part ce bouclé et son premier compagnon ? Pourquoi le monde semblait être contre lui, le renfermant dans une personnalité horriblement toxique ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi.

Mais sa jalousie refait surface. Si Izuku devait être sauvé alors ça ne serait sûrement pas entre les mains de ce roi ou de ce prince, peu importe.

– Katsuki ?

– Qu'est-ce que tu me veux ?!

Toujours et encore agressif alors que Izuku peinait à parler.

– Où est Shoto ?

Bordel. Il allait vriller, il allait tout déchirer sur son passage. Tout brûler ou tout casser, il ne savait pas, mais cette haine refaisait de nouveau surface. Izuku demandait de nouveau le bicolore, sans se préoccuper de lui, alors qu'il était son copain. Cette personne dont il devait penser en premier en se levant et en se coucher, penser à chaque fois qu'il avait des ennuis, à chaque fois que quelque chose le chagrinait ou le rendait triste. Pourquoi lui ?

À l'horizon, Katsuki vit un bateau. Très petit mais il voyait ces voiles blanches, ces si grandes voiles blanches qui lui donnaient la nausée. Izuku face à lui était faible, il n'arrivait presque plus à garder les yeux ouverts et le blond avait cessé de le soigner.

Il voulait parler mais rien ne sortait de sa gorge, il ne sentait plus son corps, ne ressentait plus la douleur. Il n'entendait plus les battements de son cœur contre ses tempes. Il était prêt à résister quelques longues minutes si cela l'aidait à revoir son amour, l'autre moitié de son âme.

– Les voiles sont noires.

Il ne pouvait pas regarder, son corps meurtrie était dos à la mer. Dos à l'horizon blanc qui s'offrait à lui. Alors dans un silence il tenta de sourire sous les pupilles rouges du blond, puis arrêta de se battre. Il se sentait partir, mourir. Il ne ressentait rien, alors il avait juste fermé les yeux pour ne plus jamais les rouvrir.

Katsuki mit sa main en dessous de son nez mais il n'y avait plus aucun souffle chaud. Il vérifia son poul mais il n'y avait plus rien non plus.

Il tourna donc les talons en faisant tomber son poignard et rentra chez lui, laissant le pauvre corps inerte du bouclé allongé contre le sol, dans son propre sang.

C'est seulement plusieurs minutes après que le bateau débarqua, que Shoto hurla le nom de son amour en se dirigeant vers son corps allongé. Il ne voyait pas encore son sang, il ne le voyait que de loin. Mais une fois devant lui, il cessa de respirer.

– I-..Izuk..u..

Livide. Son visage était livide, pâle et apeuré. Son amour était mort, il ne respirait plus. Assis à côté de lui, la tête juste au-dessus de la sienne, ses yeux étaient fermés définitivement. Sa main touchait son sang, son corps était en train de refroidir horriblement. Non, non, non, non...

Il se le répétait encore et encore, mais l'information ne voulait pas entrer dans son cerveau. Pour lui, c'était impossible qu'Izuku soit mort. Comment cela était possible ? Comment, et pourquoi ?

Il sentait son cœur lui faire mal, ses larmes dévaler ses joues alors que son ventre se tordait douloureusement. C'était comme si son âme quittait son corps, comme si une épée venait de lui transpercer tout le corps et plusieurs fois. Il ferma les yeux, croyant que tout cela était un rêve. C'était sûr, il allait les rouvrir et Izuku serait là, à lui sourire tendrement à l'embrasser chastement.

Mais ce n'était pas un rêve. C'était l'affreuse réalité qu'il devait affronter. Encore une. Alors quand il vit ce poignard non loin de son amant, il n'hésita pas une seule seconde. Il le prit et s'entailla le cœur d'un seul coup, le bruit était sourd et ses oreilles lui faisait mal. Mais il allait rejoindre son amour. Au delà des terres il allait pouvoir l'embrasser de nouveau, le câliner encore plein de fois et ne jamais le quitter.

Au final, mourir comme cela ou au bûcher restait la même. Ils allaient se revoir, il en était sûr.

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