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Category:
Fandom:
Relationship:
Characters:
Additional Tags:
Language:
Français
Series:
Part 6 of Sur Votre 31 2020
Stats:
Published:
2020-10-26
Completed:
2020-10-31
Words:
3,501
Chapters:
6/6
Comments:
69
Kudos:
6
Hits:
271

L'oubli d'un être cher

Summary:

Il y a eu l'accident. Il y a eu le sang. Il y a eu les longues heures passées à l'hôpital à se demander s'il allait s'en sortir. Et puis il y a eu l'annonce. Il était vivant, mais amnésique. Ne se souvenait de rien, encore moins de lui. Le monde de John s'effondra alors. Parce que comment pouvait-il savoir qui il était, si Sherlock ne le savait pas ?

Chapter 1: Oubli

Notes:

JOUR 26 - Adulte

Here we go pour le dernier recueil de ce challenge ! Un grand merci à Almayen pour l'avoir organisé, c'était une superbe expérience et j'ai déjà hâte de pouvoir recommencer !

Chapter Text

Il se laissa tomber. Littéralement. Ses genoux cédèrent, comme si plus rien ne les retenait, comme s'ils avaient décidé que, cette fois, c'était la goutte de trop, qu'ils ne pouvaient plus encaisser. 

Et c'était sûrement vrai, après tout. La vie de John Watson n'avait pas tout à fait été de tout repos. Il lui arrivait même de regretter la guerre, le champ de bataille, les cris, le sang, la peur, la mort. Et il s'en voulait atrocement de regretter tout cela, il se sentait comme la pire des personnes, mais, quelque part, c'était plus facile. Il risquait à tout instant de se faire tuer, certes, mais au moins il savait à quoi s'en tenir, à quoi s'attendre. Il savait pourquoi il avait mal, pourquoi il avait peur, constamment, sans répit. Il savait.

À présent qu'il affrontait une toute nouvelle guerre, d'un tout autre genre, il ne savait plus rien. Et c'était ça qui le tuait à petit feu.

Oh seigneur il n'en pouvait plus. N'avait plus la force d'en supporter davantage. Son cœur se mit à cogner contre ses tempes, la nausée le saisit et, s'il avait pu, s'il n'avait pas été au bout milieu d'un couloir d'hôpital, il se serait mis à pleurer.

Mais ce n'était pas ainsi qu'un adulte respectable devait se conduire. Aussi, il prit sur lui. Encore une fois et dieu ce que c'était dur. Dieu qu'il était près d'abandonner. Il se redressa à peine, s'accrocha à l'assise de la chaise, les jointures de ses doigts en devinrent blanches, tout comme sa voix, lorsqu'il articula quelques mots avec peine.

— Vous êtes certain de ce que vous avancez ? 

— Oui, docteur Watson, lui répondit le médecin, il n'y a pas le moindre doute. Mais ce n'est peut-être pas aussi irrémédiable que ça semble l'être. Il peut très bien s'en remettre rapidement.

— Comme il peut ne jamais s'en remettre. 

Seul le silence lui répondit. Parce qu'il avait raison. Et c'était sûrement trop difficile pour le soignant de briser ses derniers espoirs.

Comme si cela n'avait pas déjà été le cas lorsqu'il lui avait annoncé que Sherlock avait perdu la mémoire.

Sa première pensée avait été "Putain, il va être insupportable quand il l'apprendra", mais il n'apprendrait rien, justement, parce que, non seulement il avait été dans le coma, il avait perdu la mémoire, mais, en plus, il n'en saurait jamais rien.

Il avait oublié. 

Il avait tout oublié. 

Peut-être pour toujours.

De longues minutes plus tard, après avoir repris un tant soit peu ses esprits, après avoir refoulé ses larmes, après avoir calmé son cœur, il poussa la porte de la chambre du détective. Et, même face au vide dans ses yeux, face au léger froncement de ses sourcils, face à sa méfiance lorsqu'il prit place sur le fauteuil à son côté, face aux questions qu'il ne posait pas mais qui dansaient sur son front, il sourit. Il sourit jusqu'au bout.

Pour repousser le moment où il se briserait et éclaterait en sanglots.