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Shooting Stars (anciennement IronFrost)

Summary:

ASGARD — Le criminel, prince, magicien, et vaniteux Loki est jugé impitoyablement pour sa tentative d'asservissement du peuple humain, sa trahison envers ses devoirs de protecteur des 9 royaumes, et de la manipulation illégale du Tesseract à des fins destructrices.
TERRE — Le génie, playboy, milliardaire, philanthrope Tony Stark, peinant à se remettre de son expérience de mort imminente qu'il a vécu en tentant de défendre sa ville en tant qu'Iron Man, est tenu éveillé chaque nuit par les cauchemars qui le hantent et la crainte d'une autre attaque extraterrestre.

Et, à des millions de milliards d'années lumières de distance, ces opposés pourtant si similaires se rencontrent.

Notes:

J'ai découvert très récemment le ship IronFrost, et sincèrement, j'en suis tombée amoureuse. Je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi, mais je les adore. Techniquement ce couple n'est pas censé avoir de sens, mais bon, le rationnel n'a jamais eu le moindre impact sur notre imagination, n'est ce pas ?

Cette fanfiction a été assez inspirée par le recueil de textes gays de @JolieChose sur Wattpad, dont les one shots ont été les premiers IronFrost que j'ai lu, mais surtout mes préférés. Et elle le sait. (si tu passes par là, sache que je relis toujours tes one shots quand j'ai envie de me poser).

Aussi, je rappelle que c'est une FANFICTION. Le but c'est pas de garder 100% la matière du canonisme, sinon, bah vous avez qu'à mater l'oeuvre originale en fait. Donc ouais je vais faire des écarts au scénario et peut-être inventer 2-3 trucs par rapport aux persos (sans que ça aille dans le sens inverse de leur histoire/personnalité évidemment) mais vous inquiétez pas, tout ça restera logique.
J'ai surtout écris sur un coup de tête parce que j'ai été prise d'une énorme vague d'inspiration et je n'ai pas pu m'arrêter. Mais en tout cas, j'espère que vous apprécierez lire cette histoire autant que j'ai adoré l'écrire.
 
Enjoy ;)

Chapter 1: PREFACE

Notes:

(See the end of the chapter for notes.)

Chapter Text

2012 était une année à marquer dans les livres d'histoire, pour le meilleur comme pour le pire. Car, si ce n'était pas la première fois que les humains aient dû faire face à des dangers d'origine extraterrestres, la vérité avait jusqu'ici toujours été tue dans le but de protéger les masses. Mais aujourd'hui, entre l'hypermédiatisation de chaque évènement et le chaos laissé par les assaillants, impossible de faire comme si rien de tout ça n'était jamais arrivé.

Oui, les extraterrestres existaient. Après des années de théories, de contre-complots, de questionnements sans réponses, de conférences pseudo-scientifiques, de débats infondés et d'argumentations stériles, les Américains, et en fait la planète entière, avaient enfin pu faire face à la réalité. Ils n'étaient pas seuls dans l'espace, et visiblement, certaines de ces espèces en avaient contre eux.

La ville de New-York était complètement ravagée. Plusieurs centaines de morts et encore plus de blessés étaient à compter. C'était ce qu'on appelle une catastrophe d'ordre internationale. Heureusement, seule la ville avait été touchée ; mais malheureusement, c'était l'une des villes les plus peuplées du monde entier. Quant aux dégâts matériels, eh bien... Pas besoin d'un expert en bâtiment pour comprendre que ça allait être long et surtout couteux à reconstruire ; il suffisait de regarder devant soi. Il y avait sans doute plus de débris de verre au sol que d'étoiles dans le ciel.

Mais au milieu du chaos, une bonne nouvelle parcourut le monde : des héros étaient nés, et les habitants des Etats-Unis d'Amérique savaient tous désormais qu'ils pourraient compter sur ces êtres surhumains pour les protéger des dangers. Ce groupe qui s'était levé contre l'invasion d'un autre monde suscitait encore des avis mitigés, mais il faudrait être d'une affreuse mauvaise foi pour ne pas reconnaître les bienfaits de leurs actions. Mais s'ils étaient pointés du doigts par quelques râleurs mécontents, ce n'était pas totalement injustifié ; les nouveaux Protecteurs de la Terre avaient laissé derrière eux un spectacle d'épouvante.

La ville qui ne dort jamais semblait en plein cauchemar. Parce qu'il n'y avait pas que des épaves d'immeubles et des voitures retournées, non. Le plus horrible dans ce spectacle ce n'étaient pas les cadavres sanglants transpercés par une poutre de métal qui s'était effondré ou les corps empalés aux lampadaire après avoir sauté de leurs appartements en proie aux flammes. Ce n'était pas non plus les pleurs d'adultes qui résonnaient aux quatre coins de Manhattan dont la voix hurlante et emplie de douleur déchirait les âmes des survivants.
A noter que voir un homme de 53 ans, boucher de métier, gérant une famille ainsi qu'une entreprise et ayant ce léger comportement macho qui convint tant aux états-uniens et qui lui donne, avouons-le, un petit charme que certaines femmes trouvent envoûtant, donc voir cet homme-là, représentant du sexe fort et impitoyable, image même de la virilité, le voir à genoux au sol en pleine crise de larmes, n'essayant même pas de cacher sa tristesse ; ou bien voir une femme d'âge mûr vraisemblablement PDG d'une grande entreprise, le genre de businesswoman avec toujours un chignon très serré et un tailleur sur-mesure qui marche en talon, le menton haut et qui ne parle jamais pour rien dire, la voir avec ses vêtements de travail salis et en lambeaux, une chaussure en moins sans qu'elle s'en soucie le moins du monde, et un visage exprimant milles émotions mais surtout la peur ; voir ces adultes si sûrs d'eux relâcher leurs masques et céder à la terreur, c'est bien plus frappant que les pleurs d'un enfant tout juste orphelin.
Les bébés, eux, ont l'habitude de pleurer, même quand tout va bien.
Les larmes d'un enfant ne seront jamais plus marquantes que les cris d'un parent nageant dans le désespoir.

Parce que la désolation touchait tout le monde, et la mort n'épargnait personne. Mais la mort la plus effroyable aux yeux de toutes ces familles détruites, aux yeux de tous ces amants blessés, aux yeux de tous ces camarades traumatisés, aux yeux du monde entier qui avait assisté, en temps réel ou via les différentes sources d'information, au désastre qui avait détruit la ville, ce n'étaient pas les corps inertes des êtres aimés, mais au contraire les carcasses difformes des responsables de ce chaos.

Il y avait des extraterrestres dans la ville.

Les organisations internationales, à commencer par le S.H.I.E.L.D. s'empressaient déjà de retirer les corps des attaquants, mais leur intervention n'était pas assez rapide pour empêcher les spectateurs externes de voir circuler les photos et vidéos des cadavres encore fumant de ceux qui avaient attaqué leur chère planète. Et ces monstres -car on ne pouvait les appeler que par ce nom- étaient bien loin de ressembler aux êtres évolués que l'on imaginait, enfant, lorsqu'on croyait encore à la vie extraterrestre. C'étaient d'immondes créatures à la peau grisâtes, possédant deux jambes et deux bras mais ne ressemblant pour autant en rien à l'espèce humaine, avec une bouche pleine de dents mais dépourvue de lèvres, possédant des doigts griffus et portant une espèce d'armure à la forme étrange qui ne recouvrait pas tout leurs corps. Il y avait aussi d'énormes calamités de chair et de métal dont le gigantisme était invraisemblable, même en le voyant de ses propres yeux. Faisant la longueur d'au moins deux terrains de foot mis l'un à la suite de l'autre, et la largeur plus grande que celle de la 5e Avenue, on ne pouvait même pas imaginer leurs poids.

Et on trouvait ces choses au coin de chaque rues, au milieu de certains immeubles, dans la cour de quelques jardins et même dans la piscine municipale -restait à savoir comment ils étaient arrivés là, car il était peu probables que ces guerriers assoiffés de sang aient eu envie de se piquer une petite tête en plein milieu du bataille interplanétaire. Mais ce n'était pas comme si ces paysages étaient nouveaux pour les habitants du monde entier. En fait, il ne faisait aucun doute que la majorité des humains avaient déjà vu la représentation, sans doute fausse, certes, mais représentation tout de même, d'une créature venant de l'espace. Les terriens étaient férus de fantaisie et ne comptaient même plus les films, livres, et courtes vidéos amateures sur l'apocalypse, les invasions extraterrestres et tout ce qui va avec.

Mais jusqu'à aujourd'hui, tout ceci n'étaient justement que des œuvres de fictions. Ce jour-là, les univers imaginaires qu'ils se partageaient en riant durant leurs weekend étaient brusquement devenus leurs réalités, leur arrachant par la même occasion tranquillité et compagnie. Bien sûr, tous n'avaient pas perdu quelqu'un qui leur étaient cher, certains chanceux s'en étaient même sortis complètement indemnes (relationnellement et matériellement, du moins). Mais aucun n'avait échappé au choc émotionnel.

Et parmi les plus traumatisés, on pouvait compter sans conteste le célèbre Anthony Stark, toujours présenté sous le nom de Tony Stark, et largement connu comme étant Iron Man. Un homme fortuné dans une armure hyper-avancée qui avait risqué sa vie sous les yeux de tout le monde pour détruire le passage reliant le Sanctuaire d'où provenait les assaillant à cette ville qu'il affectionnait tant. Et il avait cru en mourir. En fait, il en était sans doute mort, sur le coup, au moins quelques dizaines de secondes, avant de reprendre conscience.

L'homme de fer qui était un habitué des médias et dont l'orgueil et l'égoïsme étaient aussi critiqué que sa richesse est aberrante, cet homme avait défait tous les mauvais commentaires négatifs qu'une communauté conséquentes d'individus s'acharnaient à lui porter, en sauvant le monde, tout simplement. Et tout le monde l'avait vu. Les caméras étaient braquées sur lui -il avait toujours adoré ça, mais pour une fois, il n'y avait pas du tout fait attention. S'il avait su, il se serait plaint qu'on ne prenait pas son meilleur profil, sans aucun doute. Mais ce qu'il ne saurait jamais, c'est que ces images montreront toujours son véritable bon profil : celui d'un sauveur altruiste qui met la vie des habitants avant la sienne.

Il avait porté sans hésitation la bombe qu'un groupe de dirigeants hauts-placés qui ne sortaient jamais de leurs bureaux hypersécurisés avaient décidé de lâcher sur la ville. Et après avoir détourné sa trajectoire et l'avoir laissé exploser, il était retombé en chute libre, tous ses systèmes étant hors-service, et lui-même étant inconscient. Le Hulk l'avait rattrapé avant qu'il ne s'écrase sur l'asphalte à une vitesse indécente, et le milliardaire s'en était sorti, à sa grande surprise. Et il s'était relevé.

Mais il savait, au fond de lui, qu'il ne s'en était pas réellement sorti. Qu'il ne s'en sortirait jamais. Sa technologie qu'il prétendait plus avancée que n'importe laquelle dans le monde avait à peine fait le poids face à ces soldats d'une autre galaxie. Lui qui jouait les héros depuis quelques années avait effleuré la mort de très très près, bien que ce ne soit pas la première fois, et il n'allait pas l'oublier de sitôt.

Il avait toujours pensé qu'il irait dans l'espace un jour et que ses inventions découvriraient des choses qui permettrait une avancée remarquable de la science. Eh bien, d'une manière ou d'une autre, il l'avait fait. Mais il n'aurait jamais imaginé que ça serait aussi douloureux. Les maux de têtes, les hématomes, les cotes brisés, encore les migraines, les courbatures, le coeur qui bat trop vite, trop fort, et toujours ce fichu mal de crâne qui ne s'arrêtait pas. Mais surtout, la constante angoisse que le combat n'était pas fini, que ce n'était qu'une première vague, ou que la victoire n'était qu'un rêve.

Cela faisait maintenant un mois. Il ne mangeait plus la journée. Il ne dormait plus la nuit. Et même si tout le monde le félicitait de son acte de bravoure et que sa fidèle collègue Pepper Potts était au petits soins pour lui, ça ne changeait rien.

Il était sensiblement effrayé et atrocement seul.


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2012 était une date à effacer des mémoires, pour le bien de tous. Car, si ce n'était pas la première fois que les Asgardiens eurent à faire face à la folie dangereuse de Loki, ses actions n'avaient jusqu'ici toujours été dirigées vers le peuple lui-même. Enfin, il avait déjà créé des problèmes sur Midgard, mais c'était Thor qu'il visait, pas les mortels. Or, cette fois, il s'en était directement pris aux humains, et il était impossible de fermer les yeux sur ça.

Déjà, depuis sa chute du Bifröst, tout le monde le croyait mort. Mais loin de s'être laissé emporté par les mains de la faucheuse, il avait lui-même apporté cette dernière sur le royaume qui profitait de la protection d'Asgard. Mais son plan avait fait face à un mur, et ce fut d'une manière tout à fait inattendue que le dieu du mensonge s'était pitoyablement fait humilier par une espèce de géant sans cervelle à la peau anormalement verte. Loki avait décidé qu'il haïssait cette créature presque autant qu'il détestait son propre père. Et ce n'était pas peu dire, étant donné que le prince asgardien ne portait pas du tout Odin dans son coeur.

Après tout, il considérait que c'était lui qui l'avait poussé à agir ainsi. L'exil de Thor, la prise du trône d'Asgard et la destruction du royaume de Jotunheim, c'était pour Odin. Pour avoir son respect et sa reconnaissance. Pour être enfin considéré comme un fils méritant. Mais le Père de Toute Chose avait refusé de lui pardonner, alors Loki s'était abandonné dans l'univers infini jusqu'à trouver le Sanctuaire. Là, on lui a donné une nouvelle raison de vivre. Il savait qu'il ne porterait jamais la couronne d'Asgard, mais il était deux fois prince -celui des Géants des glaces et celui des Asgardiens- alors il irait de lui-même se construire un trône, quitte à tuer des milliers d'innocents.

Lui, fils adoptif d'Odin, petit frère du célèbre et apprécié Thor, avait déclaré la guerre à Midgard. C'était un crime bien trop conséquent, bien pire que d'avoir menti à son frère pour le faire rester sur Terre, bien pire que d'avoir ordonné l'exécution de ce dernier. D'ailleurs, il était aussi jugé pour ces affaires là, étant donné que son apparente mort avait bloqué le procès l'année précédente.

Enfin, il était passé devant la cour, subissant la marche de la honte alors qu'il rentrait enfin chez lui après ces longs mois aux coffins de l'espace. Agenouillé face à son père, il avait affiché un sourire arrogant pour cacher la crainte qui accélérait son coeur. il savait qu'il avait fauté, et il savait qu'il allait payer. Et surtout, il savait qu'Odin était bien plus ferme et sévère avec lui qu'avec n'importe qui d'autre. Avant de recevoir sa sentence, il avait croisé le regard désolé de sa mère adoptive, Frigga. L'ébène s'était demandé pourquoi c'était elle qui s'excusait, alors qu'il était celui qui avait mal agi. Était-ce là le destin d'une mère de porter le fardeau de ses enfants ? Une vive douleur avait pincé le coeur de glace du magicien, qui aurait préféré ne pas vivre cette scène.

Lui qui avait disparu, son retour au pays aurait dû se faire dans la joie et le sourire, accompagné d'alcool et d'ambroisie, et le soulagement aurait dû être lisible dans le regard de celle qui l'avait élevé. Mais avec les puissants fers magiques qui attachaient ses poignets et ses chevilles, ainsi que la dizaine de lances pointées sur lui par les gardes royaux, difficile de se réjouir pleinement du fait que Loki était encore en vie.

Et la décision du roi d'Asgard était tombée, aussi lourde que le poids de tous les léviathans ayant détruit New-York additionnés. Prisonnier à vie dans les cachots du palais, sans aucun espoir de revoir un jour la lumière extérieure. Il n'avait même pas pu se justifier. D'ailleurs, même s'il en avait eu l'occasion, il n'aurait sans doute pas essayé d'expliquer ses raisons, car sa famille les auraient sûrement balayées d'un mouvement de main pour maintenir les accusations qu'elle tenait contre lui.

Et s'il avait baissé la tête suite à ces mots, c'était plus pour éviter de voir les yeux de Frigga s'embuer de larmes que par honte d'avoir fait ce qu'il avait fait ou par demande de pardon envers le roi borgne. Il haïssait plus que tout au monde blesser cette femme, ou la trahir, ou la décevoir. Pourtant, il avait l'impression de sans cesse aller à l'encontre des espoirs qu'elle lui portait. Peut-être le Destin jouait-il avec lui, ou peut-être était-il juste trop faible pour apporter de l'assurance à celle qui se présentait comme sa mère.

Et il se souviendrait toujours de la violence avec laquelle il avait été soulevé de force par les gardes, de la pointe aiguisée de la lance dans son dos alors qu'il n'avait aucune intention de résister, des derniers mots emplis de mépris et de déception que lui adressa le Père de Toute Chose avant de le renvoyer de la salle du trône ainsi que de l'expression attristée mais ferme de son grand frère lorsqu'il passa devant lui. Ces détails-là le hanteraient jusque la fin du temps, temps qu'il passera entièrement entre quelques murs blancs avec lui-même comme seule compagnie.

Et les dieux savaient qu'il était une très mauvaise compagnie.

Lorsqu'on l'avait fait longer le couloir ouvert du château qui menaient aux cachots, le géant des glaces s'était appliqué à imprégner le paysage qu'il voyait sans doute pour la dernière fois. Les bâtisses typiquement asgardienne, les vaisseaux qui patrouillaient dans les cieux, le pont arc-en-ciel qui s'étalait au milieu de l'océan avant de s'arrêter brusquement dans le vide, brisé -il continuait de considérer que c'était la faute de Thor plutôt que de la sienne. Et cette eau d'une clarté irréelle, dont la pureté était introuvable sur Terre. Cette océan d'éternité qui se stoppait en une brusque falaise qui délimitait le pays.

Toute la ville sous ses pieds, une ville sur laquelle il ne règnera jamais, une ville dans laquelle il n'aurait plus l'occasion de se promener, une ville qui représentait ses rêves à jamais détruits. Avait-il seulement des souvenirs heureux de cet endroit ? Il s'était rappelé des brimades des autres Asgardiens par rapport à sa différence, eux qui le traitaient comme un paria car il préférait les livres à la chasse, les dagues aux lances, et la magie aux poings.

Il avait descendu les escaliers du désespoir, comme certains l'appelaient ici, en sentant la rage monter en lui, une rage qu'il ne pouvait ni contenir, ni déverser. Une rage qui ne l'empêcha pas d'être jeté sans la moindre compassion dans une cellule vide que les gardes s'étaient empressés de verrouiller, confirmant de cette froideur la situation du prince déchu.

Désormais Loki ne pourrait plus sortir. Mais il ne leur fit pas le plaisir de frapper contre la barrière invisible en les suppliant de le libérer. Il avait bien trop d'honneur, et si Odin lui avait retiré une grande partie de ses pouvoirs, il ne pourrait jamais lui retirer la vanité qui définissait presque sa personnalité.

Une vie entière à tuer le silence et accepter sa sentence, c'était injustement long pour un homme qui était déjà mort une fois. Mais comment remettre en cause la parole d'Odin ? Aucune excuse au monde ne pourrait justifier au yeux du roi d'Asgard l'imprudence meurtrière et la cruelle ambition de son fils adoptif. Et le maître magicien n'avait pas d'énergie à perdre dans des argumentations stériles. Il avait simplement accepté son sort en prétendant que cela ne le touchait pas.

Mais bien sûr que ça le touchait. le masque moqueur qu'il portait constamment sur le visage n'était, il fallait le dire, qu'un masque. Profondément enfoui en-dessous se cachait un véritable coeur sensible et brisé qui se souvenait à peine de comment battre proprement.

Autour de lui, le strict minimum utilitaire pour une cellule : un lit, une table, deux chaises, et une corbeille de fruit qui sonnait à ses yeux comme une blague de mauvais goût. "Bienvenue dans ta nouvelle chambre, amuse-toi bien pendant les milliers d'années qu'il te reste à passer ici !" semblait lui dire la nourriture. Un cadeau bien ironique, selon le prisonnier, et une cellule bien triste.
Pas de jolie décoration, ni de livre, ni de vêtements de rechange.
Juste lui, les meubles, et ses fautes.

Et il n'était pas sûr de pouvoir s'en contenter. Une éternité en prison, c'était long, très long. Loki ne savait pas s'il pourrait le supporter. Quand on lui avait retiré ses chaînes et que les gardes l'aient enfin abandonné, il était resté longuement silencieux. Puis, doucement et craintivement, vérifiant que personne ne le voyait, il avait laissé ses émotions reprendre le dessus.

D'abord les larmes, puis les cris, et les tremblements. La honte qui alourdissait son coeur glacial. La peine qui déchirait son âme. La colère qui affluait dans ses veines. La solitude qui résonnait dans sa tête. La peur qui floutait son regard. Mais surtout la douleur infinie concernant le rejet définitif de sa propre famille, adoptive certes, mais famille quand même, qu'il avait un jour aimé et pour qui il ne représentait plus rien d'autre qu'un criminel à l'heure actuelle.

Cela faisait maintenant un mois. Il mangeait à peine. Il ne dormait pas du tout. Et même s'il était enfin de retour dans son royaume, sain et sauf, et qu'on lui promis nourriture et sûreté pour toute la durée de sa peine, ça ne changeait rien.

Il était atrocement effrayé et sensiblement seul.

Notes:

VOILA POUR LE PROLOGUE !!!

Premièrement, désolée, je ne vais pas publier le reste de l'histoire immédiatement. En fait j'avais besoin d'écrire le début quelque part et je me suis dit qu'en le postant ça me motiverait assez à ne pas trop tarder à rédiger le reste (vous inquiétez pas c'est quasiment prêt, j'ai genre 30 000 mots sur Word Office, faut juste que je mette ça au propre).

C'était une petite mise en bouche dont j'avoue je ne suis pas peu fière !

Bon, je vais vous laisser sur ça, bonne journée/soirée/nuit à vous, et tout plein de love !

Cho.

 

PS : je me rends compte qu'il n'y a pas eu de "Deuxièmement" mdrrr oopsy ~
PPS : Le Titre de la Fanfic est provisoire, en attente de mieux. (je suis preneur d'idées)